Spatialités et temporalités du web

4ème cycle annuel des journées d’étude PraTIC.                                                                       Le lundi 24 janvier 2011 à Gobelins (Paris 13), salle de conférence 318

Dès sa création, le Web a été présenté comme un espace informationnel, sorte de bibliothèque universelle quelque peu éthérée où nous pouvions circuler de documents en documents. Les métaphores courantes le comparent à un océan sur lequel « surfer » à l’aide d’un « navigateur » donnant accès à des « sites ». Mais comprendre ses territoires, frontières et dynamiques demeure une entreprise difficile, tant ses dimensions sont variées et ses contenus hétérogènes. Diverses tentatives de représentations 2 et 3D, voire de « cybergéographie », s’efforcent de visualiser les structures relationnelles caractéristiques de la Toile mondiale, tout en essayant de mieux intégrer leurs variables temporelles. En effet, la circulation des flux de communication augmente en raison de l’interconnexion croissante des machines et des sites, comme des contributions des internautes, alors que les réseaux dits sociaux favorisent des rythmes de diffusion rapides, interprétés en termes de propagation et viralité. Dans ce contexte, il s’agira d’identifier et de qualifier la ou les spatialités et temporalités du Web en examinant leurs propriétés et logiques. Nous pourrons alors étudier la façon dont se configurent de nouveaux objets, situations, rapports et effets, dont rendent compte des théories et expérimentations pertinentes, ainsi que les instruments qui permettent de les ausculter ou d’en restituer les singularités.

PROGRAMME :

9h-9h15 : Accueil et présentation des attendus

9h30-10h10 : Conférence d’ouverture >> Distance informationnelle et proximité algorithmique par Bernhard Rieder, Maître de conférences à l’Université Paris 8, Laboratoire Paragraphe, Département Hypermédia. Sur le Web, la question de la distance peut être pensée comme la probabilité qu’un internaute arrive sur un site, un contenu particulier, un profil d’utilisateur, etc. Ces distances sont aujourd’hui modulées par de nombreux facteurs, dont la médiation algorithmique qui filtre et hiérarchise les informations, organise et suggère des chemins de navigation.

10h10-10h50 >> La cartographie du Web : entre démocratisation et maturité par Mathieu Jacomy, ingénieur-chercheur, Médialab de Sciences Po Paris. A partir d’analyses et de mises en œuvre réalisées par les étudiants de Sciences Po, la cartographie des controverses scientifiques ou techniques sur le Web a pu être expérimentée. Les outils, méthodes et résultats seront présentés afin de comprendre leurs avantages et limites, en tenant compte des variables qualitatives ou quantitatives. Ces travaux éclairent en retour les singularités des espaces et des temps du Web.

11h10-11h50 >> Exploration et cartographie des diasporas sur les réseaux numériques par Mehdi Bourgeois Chargé de recherche, TIC-Migrations, FMSH. Les changements majeurs intervenus depuis les années 80 concernant les diasporas se sont conjugués à de nouvelles formes de regroupement, d’action et d’occupation sur le Web, nouveau moyen de rassemblement. Le projet « e-Diaspora Atlas » vise à analyser et à visualiser la dynamique des systèmes migratoires et leurs évolutions sur les territoires numériques.

11h50-12h30 >> « La ressource Web : dialectique du changement et de la permanence et émergence de nouveaux espaces sur le Web. » par Alexandre Monnin, doctorant en philosophie à Paris 1 Panthéon-Sorbonne, résident à l’IRI (Institut de Recherche et d’Innovation), associé au CNAM et membre de l’O.M.N.S.H. Les transformations induites par le numérique sont surtout vues sous l’angle documentaire. Pour autant, à la question « Qu’est ce qui existe sur le Web ? », la réponse, du point de vue des standards, n’est ni « des objets », ni « des documents » mais « des ressources ». Cette notion gagne à ce que l’on articule ses dimensions spatiales et temporelles pour bien comprendre l’architecture du Web, ses dynamiques et son archivage.

14h-14h40 >> Visions anoptique et temporelle du Web par Olivier Auber, Artiste et chercheur associé à la Chaire « modélisations des imaginaires », Télécom ParisTech, Fondateur du Laboratoire Culturel A+H. L’intervenant montrera en quoi la conjecture dite des « perspectives anoptiques » permet de penser le rapport entre la structure du réseau et sa pratique en termes de compétences cognitives. Au coeur de ce rapport se trouve l’ « inattendu » qui rythme le temps subjectif émergeant des échanges. 14h40-15h20 >> Visualisations interactives de données : nouveaux outils et nouvelles mécaniques cognitives pour raconter le Web par Caroline Goulard, co-fondatrice Dataveyes. Face au deluge informationnel, les techniques de visualisation de données du Web améliorent notre appréhension de notre univers numérique. Conduisant à inventer de nouvelles grammaires visuelles, interactives et narratives, elles vont irriguer tous les secteurs de l’information : du datajournalisme à l’intelligence économique, en passant par l’art numérique.

15h40-16h20 >> Morphodynamique du web : retour sur 6 années d’ingénierie par Guilhem Fouetillou, co-fondateur et directeur technique, Linkfluence. L’ingénierie appliquée à la modélisation des grands réseaux d’interactions Web et à leurs dynamiques a permis d’expérimenter des concepts et méthodes nourris par les avancées technologiques, tels que les « scale free networks », la structure bipartite du graphe du web, les formes communautaires homophiles ou encore le « Web temps réel ». Ils ont révélé des nouveaux pans de l’implicite des dynamiques du web qui imposent une révision continuelle des théories mobilisées.

16H20-17h >> Quelle diffusion sociale de l’actualité sur Twitter ? par Martin Pasquier, directeur des études et chercheur (CIFRE) à la Netscouade, membre de l’équipe de recherche IPRI (Université Paris 3). La circulation de l’information depuis les sites d’actualités en direction des réseaux sociaux, notamment Twitter, autorise à comparer ces deux espaces aux règles et usages spécifiques. A partir des données récoltées par l’équipe de recherche de l’ANR IPRI, dirigée par Franck Rebillard, nous proposerons une méthodologie d’analyse et les premières pistes de différenciation de ces deux espaces info-communicationnels.

17h-17h40 : Conférence de clôture >> La cybergéographie dynamique : enjeux, défis et perspectives ? par Boris Beaude, docteur en géographie et chercheur au laboratoire Chôros de l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne

Incriptions gratuites mais obligatoire : http://www.doodle.com/g6y496g4i77gd3ka

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